« Amoris Laetitia » : mobilisation générale pour la famille
Une première lecture rapide de la longue et foisonnante exhortation post synodale du pape François sur la famille en montre le réalisme et le dynamisme missionnaire.
Jamais sans doute un texte pontifical n’aura été autant commenté… avant sa publication ! Force est de constater après un premier survol de ce vaste panorama que la focalisation des médias sur « l’accès à la communion aux divorcés remariés » ou « la reconnaissance des couples homosexuels » était à côté de la plaque. Si l’exhortation recommande avec insistance non seulement aux pasteurs mais à toute l’Église de veiller tout particulièrement à ce que nul ne se sente exclu de la communion ecclésiale et appelle les pasteurs à un discernement au cas par cas, on n’y décèle aucune remise en cause de l’indissolubilité du mariage ou d’une rupture avec la discipline des sacrements… Le contraire eût été renversant !
La révolution permanente de la miséricorde
En revanche, le Pape « exhorte » en effet toute l’Église, clercs et laïcs, à cette révolution permanente qui consiste à vivifier la lettre par l’esprit, invitation particulièrement pertinente, insiste-t-il, en cette année de la Miséricorde : « Encourager chacun à être un signe de miséricorde et de proximité là où la vie familiale ne se réalise pas parfaitement ou ne se déroule pas dans la paix et la joie ». Pas de laxisme ni de relativisme dans ce texte, mais une « autocritique » pour rejoindre les familles « comme elles sont », a commenté le cardinal Schönborn, archevêque de Vienne mais aussi principal maître d’œuvre du Catéchisme de l’Église catholique (I.Media). Étant entendu que « plus important qu’une pastorale des échecs est l’effort pour consolider les mariages et prévenir ainsi les ruptures » (§ 307).
